En 1985, le journal Libération lança une enquête à l'échelle mondiale en posant cette question " Pourquoi écrivez-vous ?" à à tous les écrivains à travers le monde. Quelques 400 réponses venues du monde entier feront l'objet d'un Hors-Série paru en Mars 1985. Voici les 38 réponses qui résonnent en moi. petite note : Les pays mentionnés sont ceux de l'époque... Et la photo qui illustre mon propos est celle de l'un des livres qui ont créé un choc en moi. Comme quand on ouvre une porte sur un monde dont on ne soupçonnait même pas l'existence ... Et forcément celle d'un écrivain : Mario Vargas LLosa. Et vous, dîtes-moi : pourquoi écrivez-vous? Ou quel auteur vous a ouvert le monde le plus inattendu ?
LE VENT D'ANTAN
mardi 28 juillet 2026
1 - Une saison blanche et sèche
André Brink
(Afrique du Sud) Un étudiant blanc d'une université afrikaans me confesse qu'avant d'avoir lu un de mes livres, il n'avait jamais considéré les Noirs comme des êtres humains. Alors je sais pourquoi je persévère
2 - Mayombe
Pepetela
(Angola) je n'ai pas choisi. Dans mon enfance, avant même de comprendre que la littérature pouvait avoir une fonction sociale, j'imaginais déjà des histoires. Uniquement pour ne pas répéter la structure des rédactions scolaires, uniquement pour échapper à la routine. J'éprouvais du plaisir à créer des mondes dont j'étais le seigneur tout-puissant, qui concédait ou retirait des qualités aux personnes et aux animaux, et conduisait tout vers un but qui, bien que limité par sa propre logique, serait ma volonté. Désir de pouvoir, donc. Non pas le pouvoir terrestre, séculier, ni le pouvoir spirituel, religieux. Un autre pouvoir, fictif.
3 - La douceur du miel
Silvia Baron Supervielle
(Argentine) Pour trouver une terre.
4 - Fictions
Jorge Luis Borges
(Argentine) Je ne pourrais pas arrêter d'écrire. J'ai toujours su que mon destin était un destin littéraire de lecteur et aussi, imprudemment, d'écrivain. J'écris pour répondre à une urgence, une nécessité intérieure.
5 - L'Australienne, tome 1
Nancy Cato
(Australie) J'écris parce que je dois le faire. Je ne peux pas imaginer de vivre sans écrire. C'est comme respirer. [...]
6 - L'angoisse du gardien de but au moment du penalty
Peter Handke
(Autriche) Pourquoi j'écris ? Je ne sais pas. Peut-être demain.
7 - Maigret et l'homme tout seul
Georges Simenon
(Belgique) Votre question est toute simple et ma réponse, en toute sincérité, l'est autant : j'écris parce que dès mon enfance j'ai éprouvé le besoin de m'exprimer et que je ressens un malaise quand je ne le fais pas.
8 - Les Guérilleros sont fatigués
Fernando Gabeira
(Brésil) Lorsque je suis très fou, cette question me fait mourir de rire car je sais que la force qui me pousse à écrire, ironiquement, ne se laisse pas capturer dans les mots.
9 - L'obscène oiseau de la nuit
José Donoso
(Chili) J'écris pour savoir pourquoi j'écris. Pour savoir comment fonctionne - et me sentir fonctionner à l'unisson - cet appareil énigmatique qui me fait voir et sentir et connaître, et qui me met en contact avec les individus et l'histoire : le langage. [...]
10 - Cent ans de solitude
Gabriel Garcia Marquez
(Colombie) Pour que mes amis m'aiment davantage.
11 - Les aventures de Moni-Mambou
Guy Menga
(Congo) [...] Écrire est avant tout un plaisir pour moi. Parfois même, un peu passionnant. J'en ai noirci, des feuilles de papier. De temps en temps, de cet amas de paperasse, sort un roman, une pièce de théâtre, un conte. C'est qu'alors, le jeu a dépassé les limites du divertissement pur et simple et a prêté le flanc aux exigences et à la rigueur artistiques. C'est qu'alors, l'envie de partager avec autrui (avec les lecteurs) la liberté que je trouve dans l'art de dire par écrit, ce que je ressens au plus profond de moi-même, est devenue très forte...
12 - El libro querido - Le livre aimé
Antón Arrufat
(Cuba) Lorsque j'ai commencé à écrire, j'étais un enfant. C'est en vain qu'on cherchera à interroger cet enfant désormais lointain sur la raison qui le faisait s'isoler dans ses songes et rêver sur un cahier : personne ne répondra. [...]
13 - Juan sans terre
Juan Goytisolo
(Espagne) Si je le savais, je n'écrirais pas.
14 - L'obscure Histoire de la Cousine Montse
Juan Marsé
(Espagne) [...] Et, en dernière instance, je crois que j'écris pour la même raison que chantent les enfants dans la nuit quand ils sont seuls et qu'ils ont peur : pour tromper leur frayeur, faire fuir les ténèbres et la solitude.
15 - Le Mystère de la crypte ensorcelée
Eduardo Mendoza
(Espagne) C'est très simple : à cause de l'angoisse insensée que j'éprouve, par exemple, à voir mon reflet dans un miroir qui s'obstine à ne reproduire que mon visage. [...]
16 - Le robot qui rêvait
Isaac Asimov
(États-Unis) J'écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais.
17 - Le courtier en tabac
John Barth
(États-Unis) J'écris parce que les histoires que je raconte sont trop longues pour être racontées de vive voix.
18 - Last Exit to Brooklyn
Hubert Selby Jr
(États-Unis) J'ai dans l'idée que si j'écris c'est parce que je n'ai pas le choix. Il faut que j'écrive. Je suis convaincu que c'est pour faire cela que je suis né. Quand il m'est impossible d'écrire pendant une période prolongée je suis très malheureux, mais lorsque je suis en train d'écrire, même s'il ne s'agit que d'une lettre, je me sens vivant, complet. Je suis convaincu de ne pouvoir faire autrement qu'écrire, quelque effort que je fasse. [...]
19 - Un garçon près de la rivière
Gore Vidal
(États-Unis) La réponse évidente est que l'on n'a pas le choix si l'on est écrivain ; et qu'on n'en a pas le désir si l'on ne l'est point.
20 - La vie privée de Walter Klozett
Frédéric Dard
(France) Quand on me demande « pourquoi j'écris », c'est comme si l'on me demandait « pourquoi je vis ». Cette réalité n'est plus analysable ; je ne peux que la constater, la subir et m'y accrocher.
21 - Bonjour tristesse
Françoise Sagan
(France) Parce que j'adore ça.
22 - Le Temps des Assassins (Histoire du Detenu N 1234)
Philippe Soupault
(France) Parce que cela m'amuse.
23 - En attendant Godot
Samuel Beckett
(Irlande) Bon qu'à ça.
24 - L'amour sans larmes
Molly Keane
(Irlande) [...] J'écris parce qu'il y a dans ma tête un ressort en spirale, serré comme le ressort d'une montre. Des souvenirs, des observations, des jalousies et des blagues y sont enroulés. Lorsque je m'assois, comme un enfant paresseux devant ses devoirs, un cahier d'exercices ouvert sur la table devant moi, une petite idée se détache du ressort en tournant et devient aussi réelle que le tic-tac de la montre. [...] Pour moi, écrire est une chose largement physique, une activité du corps aussi bien qu'une alarmante, inattendue grossesse de l'esprit. D'abord, cela rend malade, ensuite, cela excite. Et cela doit aller jusqu'à son terme.
25 - Les filles de la campagne - Intégrale (Country girls)
Edna O’Brien
(Irlande) La nature de la force qui me pousse à écrire n'est pas parfaitement claire pour moi. Une des raisons a nom : solitude. Je trouve la gaieté par les mots - par la lecture et l'écriture. L'écriture est proche de la prière ; elle atteint les replis les plus profonds de l'être de l'écrivain, et plus tard de celui des lecteurs. C'est un cri lancé contre la banalité ; c'est la seule arme que j'ai pour repousser le vide.
26 - Le Nom de la rose
Umberto Eco
(Italie) Avant tout : j'ai écrit - une fois. Ça ne veut pas dire que j'écris d'habitude. D'habitude je fais une chose étrange qui consiste à tracer des mots sur une page - mais évidemment pour vous ça n'est pas écrire - c'est faire comme Aristote, Kant, Descartes (drôle de système des arts...). Quand même. Cette fois-là, j'ai écrit, c'était parce que mes enfants avaient grandi et je ne savais plus à qui raconter des histoires. Alors, je me suis dit etc., etc. [En 1985, Umberto Eco avait écrit un seul roman, Le Nom de la Rose.]
27 - Le jour de la chouette
Leonardo Sciascia
(Italie) La réponse qui me vient immédiatement et qui semblera sans doute évidente et banale, mais qui est aussi la plus véridique, est la suivante : parce que j'aime écrire. Et j'aime écrire car ce faisant, on se voit vivre et on se sent vivre en plus d'exister. Il s'agit d'un dédoublement, mais aussi d'un doublement tout court. Il est bien sûr possible de donner beaucoup d'autres réponses. Mais pour moi, elles sont toutes subordonnées à celle-ci.
28 - Le Llano en flammes
Juan Rulfo
(Mexique) J'ignore la raison qui me pousse à écrire, je sens simplement la nécessité de le faire, comme si je voulais communiquer quelque chose que j'ai vécu ou que j'ai cru vivre en rêve. Je sais aussi que j'utilise plus l'imagination que les faits réels, mais je considère que la réalité a des limites propres qui la tiennent éloignée du genre littéraire.
29 - Le grand livre blanc à voir
Jan Erik Vold
(Norvège) Parce que si je ne faisais pas, une voix manquerait.
30 - La tante Julia et le scribouillard
Mario Vargas Llosa
(Pérou) L'événement qui a, jusqu'à ce jour, le plus compté dans ma vie, c'est je crois d'avoir appris à lire. J'avais 5 ans et j'étais un enfant espiègle et rêveur. Les magazines et les livres d'aventures ont enrichi mon univers de façon extraordinaire, [...] Je crois que ma vocation de romancier est imprégnée de la nostalgie de ces aventures lues, et qu'elle est un obscur effort pour refuser ces limites entre l'inventé et le vécu, un effort, contre la raison pratique, pour vivre des vies multiples et chacune d'elles avec plus d'intensité, de diversité et d'impunité que ne le permet la vraie vie.
31 - Christa T.
Christa Wolf
(RDA) [...] En fait, pour moi, l'écriture est davantage la clef qui ouvre la porte derrière laquelle sont gardés les inépuisables domaines de mon inconscient. C'est le chemin qui conduit au dépôt des interdits, de ce qui a été écarté dès l'enfance, de ce qui n'a pas été admis, de ce qui n'a pas été refoulé. C'est le chemin qui mène aux sources du rêve, de l'imagination et de la subjectivité. Pour moi, l'aventure spirituelle de l'écriture, c'est retrouver en moi ces forces que je peux peut-être libérer et qui tout au long de ma vie ont été, dans les conditions historiques que nous connaissons, soupçonnées de subjectivisme et déclarées : inutiles, superflues, nuisibles, inutilisables, incongrues, insignifiantes, désavantageuses, interdites, préjudiciables, anarchiques, amorales, sans scrupules, condamnables, contraires à la loi, inappropriées, impropres, honteuses, détestables, contraires à l'ordre, paresseuses, ridicules, maladives, folles, sans valeur, arbitraires, méprisables, risibles, insensées, immorales, irresponsables, fausses, intempestives, incorrectes, indécentes, dévastatrices, égoïstes, inadmissibles, ingrates, radicales, rebelles, déraisonnables. Ces forces-là ont été jugées négatives, anesthésiées, enchaînées, et paralysées.
32 - L'Honneur perdu de Katharina Blum
Heinrich Böll
(RFA) J'aime écrire, c'est une joie pour moi de construire. Le sujet, le contenu, le message viennent de ce que ma génération a vécu, tout ceci m'est en quelque sorte donné, le contenu est toujours donné comme un cadeau. Ce qui ne veut pas dire que le sujet un cadeau, c'est soit superflu une belle chose. Mais le lecteur doit "conquérir" ce cadeau (pour employer un mot un peu pathétique), il le fait en se contraignant, c'est-à-dire en étant contraint d'accepter la forme ou de la percer à jour, c'est cela que réclament forme et contenu. Et avant toute autre chose, écrire est simplement le désir de créer quelque chose.
33 - Le Tambour
Günter Grass
(RFA) J'écris parce que je ne peux pas faire autrement.
34 - Le Destin de Mary Rose
Caroline Blackwood
(Royaume-Uni) Écrire, c'est tenter de mettre peu d'ordre dans une minuscule arène. Écrasé par son impuissance face au désordre du monde extérieur sur lequel il ne peut exercer aucun contrôle, l'écrivain essaie d'ordonner sa phrase, son paragraphe, sa page.
35 - Une virée dans le Sud
V. S. Naipaul
(Royaume-Uni) J'écris, maintenant, mû par un sentiment qui ressemble à de la joie - joie d'avoir trouvé un sujet, un thème, de travailler sur quelque chose de nouveau (et qui pourtant, une fois découvert, paraît toujours évident). Un nouveau travail d'écriture, c'est peut-être la seule chose qui mobilise vraiment mon esprit. Il est toujours aussi merveilleux pour moi de voir pour ainsi dire un écrit prendre feu. Ce sont des moments où je vis complètement. De plus, j'aime l'aspect technique de l'écriture ; et chaque travail d'écriture est nouveau, avec des problèmes techniques qui lui sont propres. Il n'est pas pour moi de plus grand plaisir que d'être en plein dans une tâche lourde ou difficile qui prend bonne tournure, cédant peu à peu sous les coups combinés de l'intellect et de l'imagination.
36 - La mort d'un apiculteur
Lars Gustafsson
(Suède) Je ne sais pas pourquoi j'écris ; ce n'est pas pour l'argent, ce n'est pas pour la gloire, c'est probablement une énigme que je ne pourrai jamais percer.
37 - Sonnets de Prague
Jaroslav Seifert
(Tchécoslovaquie) Je ne vous dirai rien de nouveau. Ce n'est peut-être que ce désir qui existe en chaque être de laisser derrière lui une trace, ne serait-ce que la signature d'un doigt sur un miroir embrumé.
38 - Le chemin de l'Eldorado
Arturo Uslar Pietri
(Venezuela) J'écris parce que je dois le faire, parce que si je ne le faisais pas je me sentirais très mal, parce que c'est l'unique moyen que j'ai d'être au monde et d'y participer. Demander pourquoi un écrivain écrit, c'est comme demander pourquoi un oiseau vole, pourquoi un cerf court ou pourquoi un chien aboie.
jeudi 26 février 2026
LE TISSERAND D'OMBRES
PREMIÈRE PARTIE : LE SECRET D'OBLODIYE
CHAPITRE 1 : LA TRAME DU LOUP
Le drap de la redingote de Sacha était d’une finesse que je n’avais pas touchée depuis des années. En simulant ce trébuchement d’ivrogne, en laissant mon épaule heurter la sienne, mes doigts ne cherchaient pas seulement sa bourse. Ils prenaient la mesure de l’homme. Un corps souple, peu habitué au combat, une proie qui sentait le savon coûteux et l'insouciance.
Dans le creux de ma paume, le cuir de la bourse glissa avec une fluidité parfaite. Un geste d’artisan.
Puis, le fer froid s’écrasa contre ma gorge.
— Ne bouge plus, vermine.
Je figeai mes muscles, non pas par peur, mais par calcul. Je sentais la lame trembler légèrement sous la main du garde. Trop nerveux , pensai-je. J'aurais pu, d’un coup de coude au plexus et d’une torsion du poignet, retourner l’arme contre son porteur en deux battements de cœur. Mais ce n’était pas le plan. Je devais entrer dans leur vie, pas la parsemer de cadavres dès le premier soir.
Je me laissai tomber à genoux, les cheveux violemment tirés en arrière par le garde. La douleur était réelle, mais je l’accueillis comme un simple accessoire de costume.
— Grâce, Seigneur, grâce ! Dites-leur de ne pas... ah ! Aïe !
Ma voix de fausset, brisée par une terreur simulée, résonna dans la grande salle de l’auberge. Sous mes cheveux blonds embroussaillés, mes yeux restaient pourtant fixes, scrutant le sol, comptant les bottes autour de moi. Huit gardes. Trop pour un assaut direct, suffisant pour justifier une infiltration.
Je vis Sacha s'approcher. Le Barine récupéra sa bourse. J'entendis le mot « police ». J'accentuai mes tremblements, frappant le sol de mes mains calleuses.
— Pitié, non, Seigneur ! Pas la police ! De grâce, pas la police ! Je voulais juste manger !
C’était la partie la plus délicate : paraître assez misérable pour susciter la pitié, mais assez inoffensif pour être épargné. Je sentis le regard d'une enfant peser sur moi. Celle que les autres appelaient Marie. Je ne levai pas les yeux vers elle. Je savais que les enfants voyaient parfois à travers les masques. Pour moi, elle n'était encore qu'une variable, un levier qu'il m'arriverait peut-être d'utiliser le moment venu pour briser Sacha.
— Allez, file ! Tu es libre, lança enfin Sacha.
Je saisis la main du jeune homme, la couvrant de baisers serviles. La peau était tiède. Profite de cette chaleur, Barine, pensai-je derrière mes larmes de crocodile. Le jour viendra où je t'expliquerai chaque mot de mon contrat avant de te rendre au froid.
Le lendemain matin, j'étais de retour. Je m'étais posté contre la cloison, immobile comme une ombre. Je regardais la table chargée de mets. Mon estomac cria de faim — une vérité, celle-là, que je n'avais pas besoin de feindre.
Quand Sacha m'invita à m'approcher, j'avançai avec une humilité calculée. Je refusai le pain d'abord. Un homme qui accepte trop vite est un mendiant ; un homme qui veut gagner son pain est une recrue.
— Je voudrais gagner ce que je mange, murmurai-je, la tête basse.
Le silence qui suivit fut le plus long de ma vie de mercenaire. La veille, j'avais pris le temps de tous les observer depuis leur arrivée, avant de jouer ma petite comédie du mendiant. J'avais compris que Sacha était accompagné, comme prévu, de ses deux fils, mais également d’un couple et de leurs trois filles. Et là, précisément, je sentais le regard du père de Marie peser sur moi, une méfiance instinctive qui me fit dresser les poils de la nuque.
Je devais verrouiller la trame maintenant. Vérifier si les renseignements de Mikhaïl Ilitch étaient exacts : extrêmement naïf de nature et heureux de retrouver son pays natal après dix ans d’exil, Sacha se montrerait enclin à voir en une demande d’aide un signe du destin.
— Je suis plus fort qu’il n’y paraît... prenez-moi à votre service.
— Relève-toi et va t’asseoir à côté de mes gardes, finit par dire Sacha. Nous repartons dans trente minutes.
Je relevai le visage. Le soulagement que j'affichai était sincère, mais pas pour les raisons que Sacha imaginait. La porte était ouverte. Le loup était dans la bergerie.
— Je me nomme Lev Ilitch Soukarov. On m’appelle généralement Liova, Barine. Pour vous servir.
M'installant à la table des gardes, je me mis à dévorer les restes. Entre deux bouchées de pain noir, mes yeux glissèrent vers Marie. Elle me regardait, perplexe, sans doute surprise par mon manque de larmes après une telle chance. Je rangeai cette observation dans un coin de mon esprit. J'allais devoir être plus prudent avec la petite. Elle était le seul fil qui ne filait pas droit dans mon ouvrage.
Trente minutes plus tard, assis dans le carrosse, je fermai les yeux, bercé par le cahotement des roues. Le piège était en marche. Il me suffisait d'attendre le moment où la route serait assez déserte et le ciel assez sombre pour que le valet devienne le bourreau.
lundi 23 février 2026
UNE IDÉE UN PEU FOLLE : TESTER L'ÉCRITURE AVEC UNE I.A. : GEMINI
Une idée un peu folle pour me renouveler et continuer à ressentir le plaisir mais différemment : j'ai voulu tester l'écriture avec une I.A.
Et oui ! Un sacrilège, diront certains.
Une expérience et une curiosité pour moi.
Gemini est installé sur cet ordinateur, alors je me suis dit que j'allais lui fournir des idées, des bribes de textes et voir comment il agencerait tout ça.
J'ai dû lutter contre sa tendance à bâcler : à vouloir finir l'histoire avant même qu'elle ne soit commencée. Contre ses clichés aussi et ses tics de langage. En revanche, j'ai profité de sa mémoire gigantesque, de sa capacité à aller vérifier ses affirmations en retrouvant le contexte historique demandé.
Et cela a donné une oeuvre hybride : ni I.A. ni moi. Un roman que je viens, là encore grâce à l'aide de celle qui se présentait elle-même comme ma fidèle collaboratrice, de mettre en ligne sur Amazon KDP. Sous le titre Le Tisserand d'Ombres. Et sous un pseudonyme puisque je le répète cette oeuvre est une expérience avant tout.
Voici le "pitch".
"De l'atelier de tissage aux bas-fonds de l'Empire, Liova n'a qu'une seule mission : protéger Marie des ombres qu'il a lui-même créées."
Et le résumé :
Le destin ne se subit pas, il se tisse.
Dans une Russie implacable, Liova n’est qu’un modeste artisan. Mais sous ses doigts, ce ne sont pas seulement les fils de soie qu’il manipule : c’est l’art de disparaître et de frapper dans l'ombre. De l'atelier paisible aux bas-fonds où l'on survit en mendiant ou en tuant, son existence n'est qu'une suite de renoncements.
Jusqu'à Marie.
D'abord une enfant de dix ans qu'il arrache à son monde, elle devient, cinq ans plus tard, le miroir de ses propres fautes. En retrouvant cette jeune fille de quinze ans, Liova ne cherche pas l'amour, mais la rédemption. Elle est sa seconde chance, l'unique lumière dans une vie de ténèbres. Pour elle, il sera le rempart, le garde du corps dévoué, prêt à affronter les spectres de son passé pour lui offrir un avenir.
Mais dans ce jeu de pouvoir et de trahison, protéger l'innocence a un prix. Liova devra apprendre que pour sauver Marie, le Tisserand d'Ombres doit parfois accepter de se laisser consumer par elles.
Trois visages, une seule quête : protéger celle qui est devenue sa seule raison de vivre.
dimanche 9 février 2020
STEPHEN KING
Un maître, n'est-ce pas ?
D'après moi tous les conseils ci-dessous valent de l'or. Une préférence pour les 1-5-6-10-12-14-18 et toujours autant de mal avec le même conseil que Steinbeck ( 13 )
D'après moi tous les conseils ci-dessous valent de l'or. Une préférence pour les 1-5-6-10-12-14-18 et toujours autant de mal avec le même conseil que Steinbeck ( 13 )
Etat d'esprit de l'écrivain
1. Ecrire d'abord pour soi, ne penser au lecteur qu'après. "Lorsque vous écrivez une histoire, vous vous la racontez à vous-même. Lorsque vous la réécrivez, votre tâche principale consiste à enlever tout ce qui n'est pas dans l'histoire."
2. Ne vous préoccupez pas du qu'en dira-t-on. "Si vous cherchez à écrire aussi honnêtement que vous le pouvez, vos jours comme membre de la bonne société sont comptés."
3. Avoir confiance en soi. "Je suis convaincu que la peur est à l'origine de mes plus mauvaises pages."
4. Rester fidèle à son propre style. "Personne ne peut imiter l'approche d'un écrivain à un genre précis, même si ce qu'il fait semble simple."
5. Ecrire rend heureux. "Le but de l'écriture n'est pas de faire de l'argent, de devenir célèbre, de décrocher des rendez-vous, s'envoyer en l'air ou se faire des amis. Finalement, il s'agit d'enrichir les vies de ceux qui liront votre oeuvre, et d'enrichir aussi votre propre vie... J' ai écris pour la simple joie de la chose. Et si vous le faites pour la joie, vous pouvez le faire pour toujours."
Conseils techniques
6. Soigner l'introduction. "La première ligne devrait inviter le lecteur à commencer l'histoire. Elle devrait dire "Ecoute. Viens ici. Tu veux savoir ce qui se passe."
7. Ecrire un mot à la fois. "Qu'il s'agisse d'une anecdote sur une seule page ou d'une épopée sous forme de trilogie comme Le Seigneur des anneaux, le travail est toujours réalisé un mot à la fois."
8. Ne pas utiliser la forme passive. "Les écrivains timides aiment les verbes passifs pour les mêmes raisons que les amoureux timides aiment les partenaires passifs. La voix passive est sans risque."
9. Eviter les adverbes. "L'adverbe n'est pas votre ami. Particulièrement "après "il disait" ou "elle disait"."
10. Faire des paragraphes. "Les paragraphes sont aussi importants sur le plan visuel que sur le plan significatif: ils sont les signes de l'intention."
11. Ne pas être obsédé par la grammaire. "Le but de la fiction n'est pas l'exactitude grammaticale, mais doit permettre au lecteur d'entrer (dans le roman) pour lui raconter une histoire."
12. Ne pas être exhaustif dans les passages descriptifs. "La description commence dans l'imagination de l'auteur, mais doit finir dans celle du lecteur de manière à ce qu'il frémisse de reconnaissance."
13. Laisser tomber les passages qui tiennent à coeur. "Supprimez vos passages préférés, même lorsque cela brise votre coeur de petit scribe égocentrique: supprimez vos chouchous (...). Cette coupure permettra d'accélérer le rythme, et c'est ce que la plupart d'entre nous finit par avoir à faire."
14. Le travail de documentation ne doit pas supplanter l'intrigue. "Si vous avez besoin de faire des recherches en rapport avec des choses que traitent certaines parties de votre histoire et que vous connaissez très peu, rappelez-vous ce mot: arrière-plan. C'est l'endroit auquel appartiennent les recherches: placez-les aussi loin dans la toile et la trame de fond que vous pouvez. Vous pouvez être fasciné par ce que vous apprenez (...) mais vos lecteurs vont probablement beaucoup plus se soucier des personnages et de l'histoire."
L'environnement de travail
15. Ecrire avec la porte fermée. "C'est votre façon de dire au monde et à vous-même que vous êtes occupé. Vous vous êtes engagé sérieusement à écrire, et avez l'intention de mener à bien votre tâche."
16. Aménager une salle de travail de manière symbolique. "Placez votre bureau dans un coin, et chaque fois que vous vous y asseyez pour écrire, rappelez-vous pourquoi il n'est pas au milieu de la pièce. La vie n'est pas un système qui soutient l'art. C'est l'inverse."
17. Eteindre la télévision et éliminer les distractions. "Il ne devrait pas y avoir de téléphone dans la salle où vous écrivez, encore moins de télévision ou de jeux vidéo prêts à vous distraire (...). La télévision pendant le travail est la dernière chose dont un auteur en herbe a besoin."
18. Respecter des délais. "Le premier jet d'un roman, même long, ne devrait pas vous prendre plus de trois mois à écrire, ce qui correspond à la longueur d'une saison."
19. Faire une pause. "Lire votre livre après six semaines de vacances peut être une expérience étrange, voire stimulante."
L'importance du travail
20. Ecrire et lire tout le temps. "Si vous voulez être écrivain, vous devez privilégier deux choses: lire beaucoup et écrire beaucoup. Si vous n'avez pas le temps de lire, alors vous n'avez pas le temps (ou les outils) pour écrire (...). J'écris moi-même tous les jours, même à Noël, le jour de la fête nationale et le jour de mon anniversaire."
Bonus
L'écrivain de 67 ans livre un dernier secret concernant sa réussite, qui ne manquera pas de faire sourire: "Je suis resté en bonne santé et je suis resté marié."
L'écrivain de 67 ans livre un dernier secret concernant sa réussite, qui ne manquera pas de faire sourire: "Je suis resté en bonne santé et je suis resté marié."
samedi 29 décembre 2018
mercredi 5 décembre 2018
Inscription à :
Articles (Atom)





